Le Labo Médias en confinement Première partie

À défaut de pouvoir être présent pour le festival Youth is Great qui aurait dû se dérouler au Grand Bleu cette semaine, les membres du Labo Médias s’adaptent aux conditions particulières que nous vivons actuellement et documentent leur confinement sous différents aspects. Chaque jour ils reçoivent une contrainte qui permet de guider leur rédaction. Cette semaine, nous vous invitons à découvrir leurs récits passionnants et émouvants au fil des jours.

Contrainte N°1: Mon confinement résumé en trois photos

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, arbre, chapeau, plein air et gros plan

Lundi 6 avril 2020
Nous sommes début avril, cela fait bientôt un mois que je suis rentrée chez ma famille en Bretagne et que j’ai quitté le cocon de ma vie étudiante lilloise. C’est quand un quotidien qui nous paraît banal et tranquille s’arrête d’un coup que nous saisissons toute sa force. C’est quand ce quotidien se transforme en un confinement que nous saisissons l’importance de nos vies bien remplies. Aujourd’hui, un autre quotidien rythme mes journées qui défilent les unes à la suite des autres sans que je me rende vraiment compte que le temps passe. Ces trois photos sont comme la métaphore du cheminement qui a eu lieu dans ma tête, entre le déni et la prise de conscience, entre la naïveté et la clairvoyance. Tout d’abord j’ai fermé les yeux sur ce qui nous arrivait. Puis j’ai écouté la radio, j’ai regardé la télévision, j’ai compris que ce qui se jouait n’était pas anodin, n’était pas une simple période troublée mais bien un tournant historique. Enfin, j’ai ouvert les yeux. Et je comprends aujourd’hui que le confinement m’apporte du temps. J’ai du temps devant moi, alors quitte à en avoir, quitte à ne plus devoir remplir aucune obligation extérieure, j’essaye de faire en sorte d’être productive et créative. Car c’est ça qui peut nous sauver (au-delà du fait de rester chez nous pour ne pas faire progresser la pandémie) : rendre ce temps émancipateur de nos identités, nous laisser le temps de créer, de réfléchir, de déconstruire. Alors, pour accompagner votre fin de journée aujourd’hui, je vous partage une petite playlist qui réunit les musiques qui me stimulent en ce moment, en espérant qu’elles vous plaisent aussi !

Playlist (à écouter dans votre pièce préférée de votre lieu de confinement)
Life is Strange -T.Rex
What’s Up – 4 Non Blondes
Maria – Bon Entendeur
Mario, Pt.II – Chassol
Yoshimi Battles the Pink Robots Pt.1– The Flaming Plots


A demain et prenez soin de vous,
Juliette

Lundi 6 avril 2020,
Étudiante lilloise, il est 20 heures quand je sors de cours. J’allume mon téléphone pour écouter le discours du Président en direct quand j’entends mes amis crier victoire : « les écoles, lycées et universités seront fermés à partir de lundi ».
Dès le lendemain, je réunissais quelques affaires, de quoi tenir une petite semaine et je suis rentrée chez mes parents à Trouville-sur-Mer en Normandie. Quelques jours après, deux semaines de confinements sont annoncées. Je ne retournerai pas à Lille de sitôt. J’aurais dû prendre plus de vêtements et arroser mes plantes.Depuis que je suis de rentrée, mon quotidien est bouleversé. Adieu les jeudis soir endiablés, les petites bières après les cours qui ne se finissent jamais, les réveils trop tôt, les couchers trop tard. « Retour aux sources », comme on dit.
Je retrouve mes parents et mon grand frère comme si nous n’avions jamais quitté la maison… enfin presque. Il fallait prendre de nouvelles habitudes (ou plutôt les reprendre) et, surtout, s’adapter aux autres. Je ne suis plus seule dans mon 25m2, je suis chez papa et maman et ici, c’est eux qui décident.Cependant ce chamboulement a aussi du bon, je peux profiter de la qualité de vie que m’offre la campagne, savourer les bons petits plats de maman et prendre du temps pour penser. Penser à de nouvelles idées, de nouveaux projets, un nouveau mode de vie. Et si ce confinement allait nous faire changer ?Peut-être que cette situation va nous faire prendre conscience que nous n’avons pas besoin de tout le côté superficiel et éphémère de notre société et dont nous raffolons. Peut-être que c’est vrai, « les choses les plus simples sont les meilleures » et peut-être que le simple bonheur se trouve à la maison, entourés des personnes que nous aimons et pas dans le shopping ou les bons restos.Habituellement très touristique et toujours bondée de monde dès qu’il y a un rayon de soleil, Trouville-sur-Mer est d’apparence est déserte. Les boutiques et les restaurants sont fermées, la plage est interdite au public. Il ne nous reste plus qu’à nous promener, admirer le calme de la ville et la beauté des paysages.

Lou Van Cauvenberghe

Lundi 6 avril 2020,
Pour moi le confinement c’est garder le rythme ! Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas se faire plaisir et utiliser les longues heures que l’on a pour profiter d’un bon bouquin et des premiers rayons de soleil du printemps.


Susie Muselet

Lundi 6 avril 2020,
Cette année, pour la seconde fois, je m’étais préparée à passer les concours des écoles de journalisme. Qui dit concours dit normalement épreuves sur table, dans un amphithéâtre ou plusieurs salles remplies d’au moins 600 personnes. Maintenant, c’est préparation de dossiers sur mon petit coin de bureau au bout de la table à manger. Dans la cuisine, à proximité stratégique du frigidaire et du placard – cachettes du chocolat et de petits mets à grignoter. C’est là que je travaille, ou que j’essaie de travailler plutôt, parce que c’est là qu’il y a le moins de chance de regarder Netflix. Et ça fait quand même moins mal au dos que dans mon lit.Mais le soir, impossible de dormir. Trop d’écrans, pas assez d’exercice. Alors j’essaie de me détendre un peu, en lisant par exemple. Après trois semaines, je m’attendais à ce que ma pile à lire se vide un peu plus que ces deux malheureux livres de 200 pages. Mais on avance, chapitre par chapitre – vu le nombre qu’il me reste et à ce rythme, il me faudra encore six mois de confinement pour les achever !Pour ce qui est de l’exercice, on a bien essayé. Durant la première semaine du confinement, mon père et ma sœur ont bougé la table du jardin pour créer un plus grand espace. L’idée était de faire un peu de cardio – quoi de mieux qu’une corde à sauter ! L’exercice a duré 30 minutes à peine pour nous quatre. La corde à sauter est restée accrochée-là depuis, comme pour nous rappeler d’en refaire, histoire d’exercer autre chose que nos zygomatiques. On est passés maîtres dans l’art de l’ignorer. Mais au moins on garde le sourire.

Gaëlle Sheehan

Lundi 6 avril 2020,

Bonjour à tous !

Je m’appelle Elora, j’ai 17 ans, je suis en première et bien sûr en confinement ! Pour ma première photo qui résume ma vie dans cette période particulière, j’ai choisi : LES COURS ! (photo 1)
Et oui, on nous l’a répété, on n’est pas en vacances ! Alors là, c’est moi qui croule sous les livres et les visio (vous avez vu l’ordi dans le fond ) ! Bon on n’est pas toujours très productif mais on essaye et puis en vrai s’organiser comme on le souhaite c’est plutôt cool.

Photo 2 : Oui je sais se préparer quand on est confinés c’est parfois compliqué ! Alors oui je l’avoue il m’arrive de passer ma journée en jogging et en chaussons. J’adoreee mes chaussons licornes même s’il est difficile de marcher avec, mais entre marcher et les licornes perso j’ai fais mon choix. Bon quitte à être en jogging, on en profite pour faire un peu de sport au quotidien, c’est bon pour la tête et pour le corps. Et puis on a l’occasion de tester pleins de nouvel activités, dansez, courez, rigolez et surtout variez les plaisirs ! Moi, je me suis mise au yoga.

Photo 3 : Ahhh la fin de la journée, c’est le moment que je préfère. J’habite en ville donc pas de jardin pour moi, mais je sors quand même sur mon balcon pour observer ce magnifique coucher de soleil. Un bon moment pour lire, dessiner, chiller et attendre 20h pour applaudir le personnel soignant !

Elora

Lundi 6 avril 2020,
Voici les trois photos qui représentent le plus la façon dont je vis mon confinement.Une fois habituée à ce mode de vie, les plaintes sur l’isolement, sur le manque de sociabilité, passées, j’essaye d’entreprendre de nouvelles choses. Je tente de changer ma façon de percevoir cette période. Il y a quelques semaines, j’ai pu ressentir de l’anxiété, de la tristesse à l’idée de dire au revoir à toutes les choses qui rythmaient mon quotidien mais maintenant, je tente au contraire de voir le positif dans cette situation. Alors oui les jours passent et se ressemblent mais je ne veux pas subir cette situation, je suis résolue à faire de cette période un moment de productivité et de créativité ! Durant cette période, j’ai enfin l’occasion de prendre du temps pour moi, pour faire ce qui me plaît vraiment. Première étape, on se déconnecte du mieux que l’on peut de ces choses superficielles qui nous empêchent de nous activer. Puis, il est temps d’enfin lire ces livres posés sur mon bureau. Je m’essaye aussi au camping avec ma petite sœur (dans mon jardin évidemment). On a froid, on rigole, on fait fondre des chamallows au-dessus du barbecue… voilà que je me retrouve à faire des choses qui me procurent beaucoup de joie. J’ai l’occasion de ressortir ma guitare, alors je m’exerce dans l’espoir d’avoir une musique à jouer une fois le confinement terminé. Adieu le métro, adieu les soirées du jeudi soir, adieu mes amis, nous nous reverrons bientôt j’en suis convaincue !

Clara

Lundi 6 avril 2020,
Comment décrire mon confinement ? Eh bien, je pense que ces trois photos vous aideront à le cerner mais je vais tenter de m’expliquer un peu. Lorsque j’ai appris que nous serions en confinement, plusieurs choses me sont venues en tête. D’abord, l’envie de profiter de ce moment pour bien réviser mes examens et de pouvoir enfin lire les Lettres Persanes qui traînaient depuis trop longtemps sur mon bureau. Vous vous dites quel garçon studieux ???! Oui mais attendez un peu…. Après quelques réflexions sur la manière dont j’allais organiser mon travail, un sentiment de créativité et un désir de changement m’ont envahi. C’était l’occasion rêvée pour réaliser tout ce que je n’avais pas le temps de faire en période scolaire. Changer la disposition de ma chambre, repeindre enfin le papier peint qui recouvrait les murs de ma chambre depuis le collège, etc…. Malheureusement cette envie de changement et ce sérieux ont été rapidement remplacées par ce sentiment que je redoutais : la flemme. Eh oui, je suis un peu devenu le cliché de l’ado qui crie à tout va « oh la flemme » avant de faire quoi que ce soit. L’ordinateur que vous voyez là, qui au début était principalement un outil de travail, est rapidement devenu l’outil d’un fervent abonné à Netflix. Je pense que je ne l’avais jamais autant utilisé. Puis évidemment, je ne pouvais pas éviter cet endroit que tout bon ado connaît très bien : le lit. J’ai peu à peu délaissé mon bureau pour ce petit nuage de confort. J’y passe mes journées et mes nuits. Excepté quand ma mère s’apprête à me rendre visite dans ma chambre, là étonnamment je regagne mon bureau. Alors comment luter contre cette paresse ? Comment sortir du cliché de l’ado dans lequel je suis tombé ? Eh bien je me suis mis au sport comme beaucoup de confinés. Plus d’excuses pour ne pas en faire. Il semblerait donc que je regagne peu à peu ma motivation passée. J’ai aussi planifié de repeindre mon papier peint dans les prochains jours, adieu les logos New-York qui envahissaient ma chambre depuis trop longtemps. Alors oui chers lecteurs, peut-être que vous aussi la paresse vous a envahi depuis quelques jours ou quelques semaines mais ne désespérez pas! En attendant, commencez par lire nos magnifiques chroniques entre deux épisodes ou deux visioconférences.
Je vous dis à très bientôt pour de prochaines chroniques!

Nessim

Lundi 6 avril 2020,
Je vis ce confinement comme une occasion de me retrouver moi-même et de prendre le temps de vivre avec ce dont j’ai réellement besoin hors de la société de consommation étouffante. Entourée de ma mère et de mon petit frère, nous partageons des moments et activités ensemble, ce que nous n’aurions sûrement pas pris le temps de faire en temps normal. Étant à l’université, il est vrai que ce confinement n’est pas que de la détente et que moi qui faisait régulièrement mes devoirs à la bibliothèque, mon organisation s’est vue doublement perturbée. Entre les cours en ligne et les devoirs à rendre cela prend plus de la moitié de mon temps et travailler chez soi n’est pas toujours une mince affaire. L’occasion est parfaite pour ressortir ses livres et dévorer ceux qu’on mettait en suspens depuis un bon moment, cela vaut également pour les activités telles qu’un instrument de musique délaissé en attendant de devenir un as de la gratte pour ma part ainsi que le coloriage et la peinture qui m’apaisent l’esprit. Pour celles et ceux qui avaient comme moi une liste « je regarderais quand j’aurais le temps.. » de films/séries/ pièces,…qui se reposait tranquillement dans les notes de son portable, je vous invite à faire de ce temps inconnu celui du présent. Comme j’ai le temps de mettre la main à la pâte et que je favorise ce qui est naturel, désormais je prend un grand plaisir à confectionner des masques de beauté corps et cheveux et ma mère est bien contente de m’écraser mes potions magiques sur la tête. On le sait toutes et tous rester enfermer n’est pas le meilleur projet pour notre diet, alors je prend aussi le temps de découvrir des recettes et boissons détox que je ne veux plus quitter. Le sport à la maison ne m’enchante pas tellement alors durant l’heure accordée je vais courir avec ma chienne Tiana, qui est d’ailleurs plus motivée que moi pour le coup. Avec ce beau ciel bleu qui apparaît comme un remerciement de la planète, allongée sur mon transat, ma petite terrasse me comble comme le plus grand des jardins. Au fils des jours je me découvre ou redécouvre des passions que j’aimerais appliquer dans ma vie après ce confinement. Je pense qu’il est impossible de s’ennuyer quand on aime travailler sur soi et que l’on souhaite faire passer le temps intelligemment. J’aurais tendance à dire qu’en faisant abstraction du virus et du malheur qui s’en suit, cet isolement est arrivé à un moment où j’avais besoin de me reconnecter à moi-même au lieu de courir après le temps et qu’à part socialement, je me sens plutôt bien dans la petite bulle que je me suis créée et les heures s’enchaînent sans que je ne les voie passer.


Laury Lestrehan

Lundi 6 avril 2020,


1) Je l’ai trop longtemps délaissée, elle me le fait payer, ses cordes sont rigides, les bouts de mes doigts ne l’ont pas oubliée. Avec le temps, elle s’est détendue, heureusement. En temps de confinement, elle est bien là seule que j’ai le droit de prendre dans mes bras.

2) J’ai tout mon temps, ils m’attendent depuis longtemps. Je m’étais promis d’aller à leur rencontre un jour, mais je l’ai trop souvent repoussé. Quel bonheur de les trouver aujourd’hui !

3) Étant la vue depuis mon lit, cette fenêtre est ce que je vois le plus depuis quelques semaines. Si je la regarde, elle doit faire de même. Elle se dit sûrement que j’ai l’air de m’ennuyer profondément, elle n’a pas tort mais ces petits moments suspendus constituent un plaisir immense à mes yeux.

Neila Semmar

Lundi 6 avril 2020,
Bon eh bien aujourd’hui il fait gris. Avec ce confinement, j’ai vraiment réalisé à quel point le temps jouait sur mon moral. Quand il fait beau, j’ai le courage de me lever, de travailler, de faire du sport et je suis de bonne humeur. Dès que les nuages pointent leur nez, c’est, tout d’un coup, beaucoup plus compliqué. Avec le confinement, une nouvelle routine se met en place, je développe de nouvelles habitudes. Se lever, faire du sport, travailler, manger, travailler, se détendre, manger, dormir. Et tout recommencer le lendemain. C’est parfois long, mais ça permet aussi de redécouvrir son chez soi. Ce confinement est aussi l’occasion de faire des choses que je n’arrêtais pas de repousser, de ranger, de trier, de mettre de l’ordre, mais aussi de profiter de ne rien faire, d’observer autour de moi. Quand je suis dans ma chambre, j’observe la vue que j’ai depuis ma fenêtre, c’est-à-dire un morceau de toit, des trains qui passent parfois et des arbres. J’ai aussi à disposition un mur couvert de cartes, ça apporte de la couleur ! Ce confinement, c’est comme une petite parenthèse dans nos vies, mais peut-être une transition, une coupure à l’échelle du monde, qui sait ? Je l’espère. J’espère que cela amènera du changement, dans nos manières d’acheter, de consommer, de vivre. Essayons de trouver du positif dans cette période, il le faut ! Sinon, le temps va nous sembler bien long…

Zoé

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